Présenté par


Écrivez-nous






























Louis-Antoine Proulx
curé de Saint-Patrice (1840-1854)




Étienne Chartier
curé de Saint-Patrice (1834-1835)




Alexis Mailloux
curé de Saint-Patrice (1833-1834)




Mgr Jean-Jacques Lartigue
premier évêque de Montréal (1836-1840)





Joseph David Déziel
Livernois, 1870



ANECDOTE

Le curé Déziel
et la Traverse de Lévis
5

Lors de l’achat du droit de traverse entre les deux rives par la Quebec and Levis Ferry Co., en 1876, les directeurs de la nouvelle compagnie, tous protestants à cette époque, tinrent à honneur d’envoyer au curé Déziel un laisser-passer gratuit sur leurs bateaux.

A Lévis, comme à la Rivière-du-Loup (en bas) et plus tard à Saint-Joseph de Lévis, le curé Déziel gardait un cheval et un bon cheval. Toujours pris de besogne, il aimait à aller vite dans ses courses pour être le moins longtemps possible absente de son presbytère. Il ne conduisait pas lui-même et laissait ce soin à son sacristain.

Quelques jours après avoir reçu son laisser-passer de la Quebec and Levis Ferry Co., le curé Déziel, appelé à Québec par ses affaires, décida de s'y faire conduire en voiture par son fidèle sacristain Etienne Samson. Arrivé au quai de la Traverse, le curé présenta son laisser-passer au commis-receveur. Celui-ci lui fit remarquer qu'il ne comportait qu'un passager à pied et non en voiture. Le curé Déziel, se tournant vers Etienne Samson assis à côté de lui, lui dit: - "En voilà une affaire! Avance, avance, SAmson, quand il y a un laisser-passer pour le curé de Lévis il y en a aussi un pour son cheval, embarque..." Et la voiture du curé Déziel entra majestueusement dans le bateau au grand ébahissement du commis- receveur.

Cette anectode m'a été racontée par M. James Patton, gérant de la Quebec and Levis Ferry Co. à l'époque, qui fut lui-même témois de la scène. J'ajoute que les directeurs de la compagnie en apprenant l'incident, se hâtèrent de compléter leur laisser-passer en y ajoutant le passage d
u cheval du curé. La Cie de la Traverse de Lévis a suivi l’exemple de la Quebec and Levis Ferry Co., et, depuis bientôt trois quarts de siècle, les curés de Notre-Dame de Lévis qu’ils soient à pied, en voiture ou en automobile, traversent le fleuve sur les bateaux sans délier les cordons de leur bourse.




Joseph Déziel
quatrième curé de Saint-Patrice





-  Lord Durham - 
Treizième gouverneur (1838-1839)





Mgr Claude Bernard Panet
Archevêque de Québec (1825-1833)




Mgr Joseph Signay
Évêque de Québec (1833-1850)




Mission la Société de Tempérance
d'après Charles Chiniquy





Mgr Ignace Bourget
évêque du diocèse de Montréal (1840-1876)




Étienne Chartier
curé de Saint-Patrice (1834-1835)




Chapelle de Saint-Patrice



CHRONIQUES de LA RIVIÈRE-DU-LOUP DE 1850 À 1919... ET UN PEU PLUS...



Le Clergé 1     
1830 - 1854         


Louis Ferdinand Belleau 1830 - 1833

Né le 6 janvier 1805, à Sainte-Foy (Notre-Dame de Foye), fils de Gabriel Belleau et de Marie Hamel; ordonné le 19 août 1827; vicaire de Sorel (1827); missionnaire à Fredericton (1829); premier prêtre résidant, curé de la Rivière-du-Loup (1830); mission à Chicoutimi (1833); curé de Saint-Hermas (Saint-Hermas); aux États-Unis (1845).


FAITS MARQUANTS

  • Premier curé résidant à la Rivière-du-Loup. Appelé en mission à Tadoussac, il s'absenta pendant l'été de 1833 et fut remplacé par le jeune Pierre Beaumont, futur curé de Saint-Jean-Chrysostome, Pierre Villeneuve, le grand ami d'Alexis Mailloux, et Pierre Flavien Leclerc (curé de Saint-André).  L'abbé Pierre Roy, curé de Cacouna, y célébra aussi quelques cérémonies, entre le départ du curé Belleau, en août 1833 et l'arrivée d'Alexis Mailloux, en octobre. Après son mandat à Saint-Patrice, le curé Belleau fut appelé à Chicoutimi avant de partir en mission aux États-Unis en 1845.
  • Il est à la cure de Saint-Patrice depuis août 1830 quand il la voit s'ériger canoniquement sa paroisse le 16 janvier 1833. Son territoire couvre une partie des seigneuries de Rivière-du-Loup, Verbois et du Parc. Mgr Bernard Claude Panet était alors évêque de Québec, avec Mgr Joseph Signay comme coadjuteur. À l’époque, la deuxième chapelle de la Rivière-du-Loup bâtie au sud du chemin du Roi sur un emplacement acquis par Mgr Panet de Cornelius McLoughlin le 15 juin 1810, servait toujours de culte.
  • Trois mois plus tard, le 2 avril 1833, il officie la cérémonie des funérailles d'Angelique Meadows, épouse "illégitime" du seigneur Alexandre Fraser, quoique respectée par le peuple, avec qui il n'habitait plus depuis son union avec Pauline Michaud, une de ses domestiques. Présents à la cérémonie de la "sauvage" dont le nom est omis dans la majorité des actes religieux, y compris celui-ci, Dominique Girard, Jean Baptiste et Marguerite Fraser. Le seigneur Alexandre est absent de même que la nouvelle âme soeur de Marguerite, Thomas Jones, marchand bien connu.



Alexis Mailloux 1833 - 1834

Né à l’île aux Coudres, le 8 janvier 1801, fils d’Amable Mailloux et de Thècle Lajoie; ordonné par Mgr Plessis le 29 mai 1825; chapelain à Saint-Roch (1825); premier curé de Saint-Roch de Québec (1829); de la Rivière du Loup (1833), première célébration le 10 octobre 1833, dernière célébration le 30 septembre 1834; directeur du collège de Sainte-Anne (1834); missionnaire aux Illinois (1856). De retour au Canada, en 1862, il continue l’œuvre des retraites; curé de Bonaventure (1863); 1864, donne des retraites dans les diocèses de la province ecclésiastique de Québec. Décède à l’île aux Coudres le 4 août 1877, inhumé le 8 dans le sanctuaire de l’église.


FAITS MARQUANTS

  • Recruté par l’abbé Jérôme Demers2, directeur du Séminaire de Québec, l’abbé Mailloux devint le premier curé de Saint-Roch en 1829. Habitué à la vie paisible de son île natale, il supplia l’autorité ecclésiastique de lui laisser exercer le saint ministère dans une paroisse de la campagne. On lui offrit la Rivière-du-Loup que l'abbé Belleau avait laissée précitamment en août 1833 pour une mission à Chicoutimi. C'est le curé Pierre Roy, de Cacouna, qui assura l'intérim, l'abbé Mailloux n'arrivant qu'en octobre 1833. Son mandat dans la paroissse naissante de Saint-Patrice ne dura pas même un an, mais l'année 1833 resta dans la mémoires des paroissiens durant de longues années. A son arrivée, il se rendit vite compte qu'une bonne partie de la population allait mourir de faim, suite à des récoltes misérables. Heureusement, deux ans plus tard, les récoltes étaient "superbes", selon l'abbé Déziel, son successeur.
  • Après son séjour d'un an à la Rivière-du-Loup où la chapelle est agrandie en 1834 avec l'ajout d'une sacristie, l'abbé Mailloux est appelé au Collège Sainte-Anne, succédant à l'abbé Painchaud comme deuxième supérieur du Collège. Il est toujours directeur quand l'abbé Chiniquy entre en relations avec lui et qu'il prêche déjà avec grande éloquence la croisade antialcoolique. Il quitte le collège en 1847 et s'installe chez son ami, Pierre Villeneuve, le curé de Saint-Charles de Bellechasse, et se consacre à l'établissement des sociétés de tempérance en publiant dès 1850 "La Croix". Il s'oppose farouchement à toute vente d'alcool et érige dans nombre de paroisses la croix noire de la tempérance.  En 1856, dans les semaines qui suivirent la mort de son ami intime, Pierre Villeneuve, chez qui il avait pris résidence en 18484, il s'enfuit aux Illinois pour y combattre le fameux Chiniquy.
  • Trois mois plus tard, le 2 avril 1833, il officie la cérémonie des funérailles d'Angelique Meadows, épouse "illégitime" du seigneur Alexandre Fraser, quoique respectée par le peuple, avec qui il n'habitait plus depuis son union avec Pauline Michaud, une de ses domestiques. Présents à la cérémonie de la "sauvage" dont le nom est omis dans la majorité des actes religieux, y compris celui-ci, Dominique Girard, Jean Baptiste et Marguerite Fraser. Le seigneur Alexandre est absent de même que la nouvelle âme soeur de Marguerite, Thomas Jones, marchand bien connu.
  • On raconte que l’abbé Mailloux, le grand apôtre de la tempérance, (...) un jour qu’il prêchait la tempérance dans une paroisse d’en bas, se rendit du sanctuaire à la chaire en répétant d’une grande voix ces paroles : Tu ne les auras pas! – Je les aurai! – Non, tu ne les auras pas! – Oui, je les aurai! Imaginez si les fidèles se regardaient et s’ils regardaient le prédicateur… Quand celui-ci fut rendu en chaire il reprit : Tu ne les auras pas… Je les aurai… Non!... Oui, je les aurai… Eh bien ! dit-il, après un moment de silence effrayant, je vois que vous être étonnés? Et que vous vous demandez avec angoisse si l’abbé Mailloux n’a pas perdu la tête… Soyez rassurés. Ces paroles qui vous ont stupéfiés, elles ont été prononcées ici-même il y a trois jours. Comme je mettais les pied sur la grève, soudain le diable se présenta à moi, bien encorné, bien queuté et les pieds fourchus. – Mailloux, dit-il, va-t’en. Laisse-moi cette paroisse. – Misérable, que dis-tu? Te laisser ces pauvres gens? Je viens les enlever au nom du Christ, à l’infernale domination de l’ivrognerie. – Eh bien, tu ne les auras pas. – Je les aurai. – Non, tu ne les auras pas! – Je te dis que je les aurai, avec la grâce du bon Dieu. Et décampe, au nom du signe sacré de la Croix! N’est-ce pas là une double légende? C’est plus que probable... Abbé Hugolin, 1911
  • L'abbé Mailloux est l'auteur des livres suivants: La croix présentée aux membres de la Société de tempérance (Québec, Bureau de L’abeille, 1850); Le manuel des parents chrétiens ou Devoirs des père et des mères dans l'éducation de leurs enfants. Québec, Côté, 1851; L’ivrognerie est l’œuvre du démon mais la sainte tempérance de la croix est l’œuvre de Dieu. Québec, Typographie d’Augustin Côté et Cie, 1867; Essai sur le luxe et la vanité des parures. Sainte-Anne-de-la-Pocatière, F.H. Proulx, 1867; Le petit arsenal du catholique, ou traité élémentaire de controverse. Coteau St. Louis, Imprimer de l’Institution des Sourds-Muets, 1875; Promenade autour de l’Île-aux-Coudres. Sainte-Anne-de-la-Pocatière : Imprimerie de Firmin H. Proulx, éditeur de la « Gazette des Campagnes, 1880.




Étienne Chartier 1834 - 1835

Né le 26 décembre 1798, à Saint-Pierre, rivière du Sud, fils de Jean-Baptiste Chartier et de Geneviève Destroismaisons; ordonné le 28 décembre 1828; vicaire à Saint-Gervais (1828); premier directeur du collège de Sainte-Anne (1829); curé de Sainte-Martine de Chateauguay (1831); Saint-Pierre-les-Becquets (1833); Saint-Patrice de la Rivière du Loup (1834), première célébration le 12 octobre 1834, dernière célébration le 1 juillet 1835; de Saint-Benoit des Deux Montagnes et de Saint-Hermas (1835); Madison (St. Michael), Indiana (1840); supérieur du séminaire de Vincennes, Indiana (1842); curé des Avoyelles, Louisiane (1844); de Saint-Grégoire-le-Grand, (1845); de Sainte-Philomène (1849), curé d’Arichat, Nouvelle-Écosse (1850); curé de Saint-Gilles de Lotbinière (1851); décédé à l’hôpital général de Québec, le 6 juillet 1853, à 54 ans et demi. Inhumé dans l’église de Saint-Gilles.


FAITS MARQUANTS

  • Né dans le même village que Ludger Blais, futur curé de Fraserville, Étienne Chartier remplace le curé Mailloux pour une période de dix mois. Il était connu pour être "un prêtre éminemment remarquable par ses talents oratoires et ses connaissances en littérature"4, mais aussi comme un homme au caractère fougueux et déterminé.  Il supervisa l'agrandissement de la chapelle en 1835 et inaugura le premier cimetière. Après son bref séjour à la Rivière du Loup, il fut envoyé à Saint-Benoît des Deux Montagnes où, en 1837, il participa au mouvement des Patriotes. Il dut partir, la nuit du 15 décembre 1837, pour les États-Unis et ne revint qu'en 1845. Il décéda  à Québec, le 6 juillet 1853, et fut inhumé dans l'église de Saint-Gilles de Lotbinière.
  • En réponse à une adresse du major J.R. Baby, l'un des seigneurs de la paroisse de Saint-Pierre les Becquets, le 21 septembre 1834, lors d'un rassemblement des paroissiens à sa résidence, le curé Chartier donne ses premières impressions de la Rivère-du-Loup, avant son départ.
  • Si vous me portez un véritable intérêt, vous devez au moins avoir gré à Monseigneur de m’avoir choisi un lieu d’un aussi agréable repos que la Paroisse St. Patrice de la Rivière du Loup dans une des plus belles parties du Canada, où je pourrai me délasser et me consoler des tribulations et des fatigues de toute genre que j’ai endurées pour avoir épousé votre cause, la cause de l’immense majorité de la paroisse chez qui j’ai aperçu la justice. 
  • L'influence du curé Chartier dans l'histoire du Québec fut assez importante pour que le journal La Patrie lui consacre un article de 6 pages dans son édition du 9 décembre 1839. En 2010, Septentrion a publié une biographie du curé Chartier, écrite par Gilles Boileau. 



Joseph-David Déziel 1835 - 1837

Né à Maskinongé, le 21 mai 1806, fils de Gabriel Déziel et de Marie Champoux; ordonné le 5 septembre 1830; vicaire à la Rivière-du-Loup; 1831, à Gentilly; 1832, à Maskinongé; 1835, curé de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup; 1838, de Saint-Pierre-les-Becquets; 1843, de Saint-Joseph de Lévis; 1852, premier curé de Notre Dame de la Victoire de Lévis. Décédé, à Lévis, le 25 juin 1882.

 
FAITS MARQUANTS
  • Le territoire de la paroisse de Saint-Patrice, à l'arrivée de l'abbé Déziel, en juillet 1835, était un immense territoire puisque les paroisses de Saint-Antonin, Saint-Modeste et Saint-Épiphane n'existaient pas encore. La mission devenue paroisse n'était qu'une concession perdue au milieu de cette grande paroissse où, selon l'abbé Déziel, à peu près tout le monde vivait dans l'aisance. Les récoltes étaient superbes. On y comptait plus de 1,000 chevaux et 12,000 bêtes à cornes. Pendant deux ans, l'abbé Déziel vécut au milieu de ces campagnes prospères, parmi une population industrieuse qui était installé au bas de ce qui est aujourd'hui la côte Saint-Jacques.
  • Trois semaines plus tard, Pauline Michaud, l'épouse du seigneur Alexandre, s'emmène à l'église avec ses trois enfants (William, Édouard, Alexandre) et des témoins (Basile Talbot, Charles Pelletier, Marie-Louise Dubois, Marie Élisabeth Casault) pour qu'il les baptise sur le champ. Les trois fils d'Alexandre Fraser, protestant, sont baptisés "en l'absence du père".
  • Plus tard, dans son presbytère de Lévis, le curé Déziel réalisera que "parmi les petits enfants qui venaient à chaque dimanche écouter, silencieux, les explication du catéchisme, se trouvait un bambin de treize ans qui, un jour, serait appelé à porter la mitre et à gouverner l'un des plus grands diocèses du monde. Ce petit enfant n'était autre que Mgr Alexandre Taché, archevêque de Saint-Boniface.5
  • Après son séjour à la Rivière-du-Loup, il s'installa à Saint-Joseph de Lévis et fonda, en 1852, la paroisse de Notre-Dame de la Victoire de Lévis. C'est à lui que Lévis doit son église, son collège et son couvent. A son décès, le 25 juin 1882, il léguait à la paroisse de Saint-Patrice, où il avait été curé, la somme de 50$. Inhumé à Lévis, dans la paroisse de Notre-Dame-de-la-Victoire, du côté de l'épître, 28  juin 1882.




Joseph-Olivier Leclerc 1837 - 1840

Né à Lotbinière, le 7 mai 1807, fils de Louis Leclerc et de Thérèse Demers; ordonné, à Québec, le 13 janvier 1833;  vicaire à la Rivière-Ouelle; 1836, curé de Saint-Pierre-les-Becquets et de Saint-Jean Deschaillons; 1838, de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup; 1843, des Grondines, où il décède le 17 novembre 1844 à l’âge de 37 ans. Inhumé dans l’église de Lotbinière.




Louis-Antoine Proulx 1840 - 1854

Né à Québec, le 31 janvier 1810, fils de Louis Proulx et d’Ursule Larue; ordonné, à Québec, le 22 septembre 1832; vicaire à la Rivière-Ouelle; 1833, vicaire à Saint-Roch de Québec; 1834, au Cap-Santé; 1836, curé de la Pointe-du-Lac; 1840, de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup; 1847, se rend à la Grosse-Ile, pour y assister les émigrés, pendant l’épidémie qui y règnait; 1854, curé de Saint-Vallier.


FAITS MARQUANTS
  • Une lettre circulaire de Mgr Ignace Bourget, datée du 16 février 1843, autorise les bals, mais à la condition qu'ils soient surveillés. Le 15 février 1849, Interdiction aux prêtres de donner l’absolution aux fidèles qui lisent des romans immoraux, tout en recommandant de taire le nom des journaux qui les publient. Aussi, le théâtre chaste sera toléré, sans toutefois diriger les fidèles vers ce dernier.7
  • Il était curé de la paroisse de Saint-Patrice lors de l'érection civile de la Rivière-du-Loup, le 8 juin 1845, et aussi celle de Fraserville, le 26 juin 1850, dont la proclamation était affichée à la porte de son église.8
  • Quelques mois après l'érection de la grande église anglicane dans le faubourg, le 15 décembre 1841, les habitants de la paroissse de St-Patrice, appuyés par l'âme dirigeante du curé Proulx, parlèrent pour la première fois de reconstruire la vieille chapelle, devenue trop exigüe et qui commençait d’ailleurs à donner des signes évidents de décrépitude. Sir Henry Caldwell et son agent, Henry Davidson, représentèrent alors au curé que c’étaient eux qui faisaient vivre la population et qu’aussitôt leur chantier fini, le village ou le « faubourg » comme on l’appelait, deviendrait désert. M. Proulx se laissa persuader et opposa par la suite une résistance opiniâtre au changent du site de l’église. Il considérait d’un mauvais oeil le développement et le progrès du faubourg, menacé de voir un jour sa paroisse morcelée. Par ailleurs le notaire Jean-Baptiste Pouliot, l’un des notables du village, en pressentait l’expansion et le progrès futurs, et se disait convaincu de la nécessité que l’église destinée à remplacer la vieille chapelle fut construite au milieu de cette agglomération. Croyant ne pas devoir accepter les vues de Messire Proulx sur ce point le notaire J.-B. Pouliot, fortement secondé par le notaire J.B.A. Chamberland, George Pelletier, commis chez M. Thomas jones, le Dr Hudon et quelques autres citoyens, prit la direction d’un mouvement ayant pour but de promouvoir la construction de la future église au centre du faubourg. Cette initiative donna lieu à une confrontation entre le notaire Pouliot et le curé de village.
  • Mgr Signay comprit de prime abord la nécessité du changement de site de l’église et vit cette requête d’un œil sympathique et favorable. Le 24 décembre 1847, son secrétaire, Messire Charles-Félix Cazeau, était nommé pour venir sur les lieux pour prendre en considération la requête des citoyens. Le 13 janvier 1848, les citoyens de la Rivière du Loup tansmettaient à l’évêque de Québec un long mémoire dans lequel ils faisaient valoir leurs raisons. Peu après la transmission du mémoire, le 19 janvier 1848, une nouvelle requête fut adressée à l’évêque de la part d’un certain nombre de citoyens, exprimant qu’ils persistaient dans leur demande d’une nouvelle paroisse formée d’une partie de la Rivière du Loup et d’une nouvelle paroisse formée d’une partie de la Riviere du Loup et de St-André. Le 26 juin 1849, nouvelle requête demandant de bâtir une église en pierre. Ce n’est qu’après dix ans de luttes que les requérants obtinrent enfin que l’église fut fixée au village. Plusieurs commissaires avaient été envoyés par l’autorité ecclésiastiques pour déterminer le site de la nouvelle église et firent la division de la paroisse de Notre-Dame du Portage, mais elles demeurèrent sans résultat, grâce à l’obstruction faite par les opposants, sous la direction du curé Proulx, jusqu’au rappel de ce dernier au mois d'octobre.
  • L'époque du curé Proulx correspond aussi à la croisade de la tempérance dirigée par Édouard Quertier, curé de Saint-Denis (autrefois de Cacouna) et Charles Chiniquy, curé de Kamouraska, qui ont écrit des livres sur le sujet. En 1843, Quertier écrit « La tempérance règne partout. Chaque maison est ornée d’une croix bénie, souvenir de nos engagements. » A cette époque l’ivrognerie est un fléau favorisé par le bon marché des boissons qui souvent coûtaient moins chers que la nourriture. Le curé Proulx dut lui aussi s'attaquer à ce fléau dans le villlage croissant de la Rivière du Loup. A son départ la présence d'associations comme Le Saint-Scapulaire et la Société de la Tempérance est à son paroxysme.



1 Côté, George. Notice bibliographique sur le très-révérend Alexis Mailloux, vicaire-général décédé à l'Ile-aux-Coudres, le 4 août 1877. Imprimerie générale A. Côté et Cie, Québec, 1877. - La providence de Dieu qui le destinait à devenir une des gloires du sacerdoce en notre pays, permit qu’il fut rencontré, un jour, dans l’Ile même, par un des directeurs du Séminaire de Québec, le regretté M. Jérôme Demers. Ce prêtre distingué, avec ce coup d’œil sûr qui le caractérisait et peut-être aussi comme inspiré de l’esprit d’en haut, s’attacha cet enfant. Le séminaire lui fut ouvert, et, quelques années plus tard, le 28 mai 1835, après un cours d’études classiques et théologiques aussi brillant que solide, M. Mailloux recevait l’onction sacerdotale des mains de feu Mgr. J.O. Plessis,  d’illustre mémoire. Écolier modèle, lévite déjà consommé dans la piété et dans la vertu, aurait-il pu ne pas devenir un prêtre selon le cœur de Dion? Il le fut en effet; et Mgr Plessis, pour la première preuve de son affection et de la confiance qu’il mettait en lui, le fit aussitôt chapelain de cette paroisse naissante de Saint Roch de Québec, que ce Prélat aimait si particulièrement. Quatre ans plus tard, en récompense de son zèle, on l’attacha plus étroitement encore à son poste et il devint premier curé de Saint-Roch. Il conserva ce titre jusqu’en 1833, époque à laquelle il supplia l’autorité ecclésiastique  de lui laisser exercer le saint ministère dans une paroisse de la campagne. La Rivière-du-Loup lui échut en partage. Il s’y était établi depuis un an à peine, lorsqu’on réclama ses services pour la direction du collège de Sainte-Anne Lapocatière. Inutile de dire qu’il se donna tout entier à cette œuvre qui demande tant de discernement, de prudence et de dévouement. A la mort de M. Painchaud, qui eut lieu, le 8 février 1838, il accepta la cure de Sainte-Anne tout en restant attaché au collège.

2 A travers l'histoire de Lauzon.

3 Rapport de l'archiviste de la province du Canada. Registre des lettres, v. 8, p. 127.

4 Roy, Joseph Edmond. Mgr. Déziel.

5 Trois Curé de Lévis.

6 Magnan, Hormidas. Dictionnaire historique et géographique des paroisses, missions et municipalités de la Province de Québec. Arthabaska, 1925.

7 Dictionnaire de la censure au Québec.

8 Marika Pouliot

9 Saint-André de Kamouraska; c'est notre histoire... de 1633 à 1991.

10 Congé férié à l'occasion de la Journée nationale des Patriotes, communiqué du bureau du premier ministre du Québc, 24 novembre 2002.







Tous droits réservés. Excelsior Communication